Notre modèle

Le "Logement d'abord" (Housing First) est une approche de lutte contre le sans-abrisme qui inverse la logique traditionnelle.

Définition

Origine

Le modèle naît aux États-Unis dans les années 1990, principalement à New York avec le programme Pathways to Housing fondé par le psychologue Sam Tsemberis en 1992. L'idée rompt avec le modèle dit "en escalier" (staircase), où une personne sans-abri devait d'abord se stabiliser (sobriété, suivi psychiatrique, passage par l'hébergement d'urgence puis de transition) avant d'accéder à un logement autonome.

Le logement
comme préalable

Le logement stable est posé comme un point de départ, et non comme une échéance lointaine. On loge d'abord le bénéficiaire dans un logement ordinaire et durable, puis on l'accompagne (santé, addictions, insertion, travail...) une fois qu'il dispose d'une base sécurisante. L'accès au logement n'est pas conditionné à l'arrêt des consommations ou à un suivi de soins.

Les études ont montré une bien meilleure stabilité résidentielle et un rapport coût-efficacité favorable, surtout pour les personnes en situation de grande exclusion avec troubles psychiques ou addictions.

Implémentation
en France

L'approche s'expérimente d'abord avec le programme "Un chez-soi d'abord", lancé en 2011 sur quatre sites (Marseille, Toulouse, Lille, Paris), ciblant les personnes sans-abri souffrant de troubles psychiatriques sévères.

Les résultats positifs conduisent à sa pérennisation et à son inscription dans le code de l'action sociale.

Le Plan quinquennal

Le Plan quinquennal pour le Logement d'abord est ensuite lancé en 2017 sous la présidence Macron (2018-2022), avec 24 territoires de mise en œuvre accélérée. Un second plan couvre la période 2023-2027.

Les leviers principaux sont la production de logements très sociaux (PLAI), le développement de l'intermédiation locative (mobilisation du parc privé via des associations), l'accompagnement social renforcé, et les pensions de famille.

La provenance des logements

Les logements visés, en majorité des logements vacants et dégradés, proviennent de niches identifiées par les parties prenantes du projet dès la phase de préfiguration du projet :

Le parc privé

Logements étiquetés en G, Logements vacants, Logements proposés par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), Logements LHI, etc.

La vente HLM

Quand le logement proposé par un bailleur n’a pas trouvé preneur, EclOOre peut être sollicitée.

Le parc des collectivités locales

Dès lors qu’un bien peut être destiné à la vente pour du logement, il est proposé prioritairement aux bailleurs sociaux puis à EclOOre.

La dimension sociale

Définie à la fois dans ses statuts et dans le Pacte d’associés, la dimension sociale d’EclOOre s’inscrit dans la stratégie du Logement d'Abord de la Métropole de Lyon et relève également du Plan Logement hébergement d’Accompagnement et d’Inclusion des habitants en difficulté (PLAID). Il s’agit de permettre à des personnes privées de domicile de la Métropole de Lyon d’accéder directement à un logement privé dont le loyer sera très accessible.

Pour ce faire, la Maison de la Veille Sociale (MVS) sera sollicitée pour assurer à la fois le rapprochement entre l’offre de logement et la demande, et proposer si cela est nécessaire un accompagnement social aux ménages concernés.

Cet accompagnement sera issu des places de la « Plateforme d’accompagnement » de la MVS à laquelle contribue également la DHL. Les demandeurs de logement seront orientés par la MVS dès lors qu’ils répondent aux conditions réglementaire et financière d’accès au logement. Ils bénéficieront éventuellement d’un accompagnement autant que de besoin : l’objectif est ainsi de proposer une solution locative durable à des ménages en difficulté, selon les principes du Logement d'Abord.

La gestion locative sera assurée par les agences immobilières à vocation sociale du territoire qui devront solliciter à nouveau la MVS au départ d’un locataire. Ainsi, le parc acquis par EclOOre constituera une offre pérenne de logements privés très abordables sur le territoire métropolitain, pour le public prioritaire que constituent les personnes sans-abri.